Quel est l'accent français (canadien) idéal pour votre projet?
- Élise Deschênes

- 13 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 mars
(NOTE: Veuillez tenir compte du fait que ce texte a été rédigé à l'intention de lecteurs qui ne sont pas canadiens, et qui souhaitent se familiariser avec le français canadien.)
De quoi parle-t-on, quand on parle de français canadien?
Le Canada francophone est riche en diversité linguistique, avec plusieurs accents régionaux qui reflètent l’histoire et la culture des communautés francophones à travers le pays. Les deux principales variétés de français les plus répandues sont le français québécois (aussi connu sous le nom de français laurentien) et le français acadien.
Le français québécois est parlé au Québec, mais aussi dans d’autres provinces, notamment en Ontario et dans les communautés francophones de l’Ouest canadien. On peut toutefois distinguer l’accent franco‑ontarien, l’accent franco‑manitobain et l’accent franco‑albertain. D’ailleurs, au sein même du Québec, nous pouvons entendre différents (forts jolis!) accents régionaux. En Gaspésie, certains mots ne sont pas prononcés de la même manière qu’à Montréal ou au Saguenay, par exemple.
Le français acadien se distingue du français québécois et est parlé dans l’ensemble des provinces maritimes, mais surtout au Nouveau‑Brunswick.
Bon, j'adore tous ces différents accents, mais je ne voudrais pas trop vous mélanger!
Retenez que dans le milieu de la narration, si votre client vous demande une narration en français canadien sans donner plus de détails, il souhaite probablement obtenir une narration avec l’accent québécois standard.
Quand est‑il le plus important d’identifier le niveau de langue et l’accent requis pour la narration?
En tant que narratrice, je vous dirais que la plupart du temps, la nature du projet, la façon dont le texte est écrit et son contenu fournissent déjà de bons indices au sujet du style et de l’accent recherchés.
Déterminer le niveau de langue et l'accent devient crucial lorsque :
Vous vous adressez à un public très ciblé. Pour rester authentique et connecter efficacement avec votre public, choisissez un narrateur ayant l’accent de la région (par exemple, l'accent acadien au Nouveau‑Brunswick).
Vous devez assurer l’uniformité des accents car plusieurs artistes travaillent sur un même projet. Imaginez un dialogue à trois voix où chaque personne s’exprime avec un accent ou un registre différent! L’idéal est de donner des instructions précises, idéalement avec un exemple audio, ou encore de permettre aux artistes d’écouter le travail des autres voix impliquées afin d’assurer la cohérence, à moins que votre concept repose justement sur la diversité des accents. (Pour la petite anecdote, il m'est déjà arrivé de travailler sur un projet de doublage pour lequel on m'avait demandé de m'exprimer en français québécois, pour finalement me demander de le faire en français normatif quelques jours plus tard! Disons que le résultat aurait été plutôt particulier si certains acteurs avaient été doublés en normatif, et d'autres en québécois. D'ailleurs, j'entends cela assez fréquemment dans le doublage de vidéos fait avec l'IA, mais c'est une autre histoire...)
Vous voulez établir un lien avec votre auditoire et représenter adéquatement votre produit. En général, on n’utilisera pas un français québécois très familier pour transmettre de l’information médicale ou légale, par exemple, ou un français très soutenu pour vendre un produit de la vie de tous les jours (mis à part s'il s'agit d'un concept publicitaire qui requiert cela).
Résumé des principales nuances de français utilisées en narration au Québec
Français québécois standard : C’est le français le plus entendu dans les médias au Québec. Des variations subtiles sont possibles, et l’accent peut être plus soutenu ou légèrement relâché. C’est le registre généralement utilisé en publicité, dans les vidéos corporatives, les formations en ligne et les messageries vocales. (Il s'agit du français que j'utilise le plus au travail, et que vous pourrez entendre dans la majorité de mes démos.)
Français québécois familier : C’est le français du quotidien, plus relâché, naturel et conversationnel. Il est utilisé dans des contextes informels et peut aller jusqu’au joual. Le texte est oralisé, il est simplifié et on y intègre des contractions. En narration, on l'entend surtout en contexte de dialogue et parfois en publicité.
Français normatif ou international : Ce français vise à éviter les accents régionaux afin d’être neutre, clair et accessible pour un large public francophone. On l’entend souvent dans les films (le doublage québécois se fait en français normatif) et dans les documentaires.
Si l'histoire de l’évolution du français au Canada et les spécificités phonétiques vous intéressent, voici quelques ressources :


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